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title: "Les films à dix millions de yens de l'ATG : la moitié du budget, et trois clauses promettant de ne jamais intervenir"
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description: "Qu'étaient les films à dix millions de yens de l'ATG ? Selon Takahiro Mitsui, la moitié du budget, aucune intervention, un mois de projection : peu d'argent contre une liberté totale. TM MAGAZINE “KINEMA 2400” Vol.15."
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published: 2026-08-04
updated: 2026-08-04
author: "Takahiro Mitsui (三井崇央)"
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# Les films à dix millions de yens de l'ATG : la moitié du budget, et trois clauses promettant de ne jamais intervenir

KINEMA 2400 · TM MAGAZINE Vol.15 · 4 août 2026 · Takahiro Mitsui

En 1967, du film *L'Évaporation de l'homme* de Shohei Imamura est né le « film à dix millions de yens » : l'ATG mettait cinq millions de yens, Imamura Productions cinq millions. Dans les trois clauses, la deuxième est décisive : aucune interférence dans la production. Une liberté complète, en échange de peu d'argent.

Le moment n'était-il pas venu non seulement d'importer, mais de fabriquer par nous-mêmes ?
Le projet de l'ATG, né du succès de *Patriotisme* de Yukio Mishima en 1966, devint réalité l'année suivante, en 1967, d'une manière inattendue.

Tout commença avec Shōhei Imamura, alors actif à la Nikkatsu. Les majors lui imposaient des exigences sur la répartition du budget, la distribution et d'autres points, et ses projets d'avant-garde ne passaient pas ; il leur tourna le dos et fonda en mars 1966 sa propre société de production indépendante, dont il était le représentant. Il apporta un projet à l'ATG.

L'idée était *L'Évaporation de l'homme*. On suit à travers le Japon, avec sa fiancée, la trace d'un homme disparu. Mais l'acteur Shigeru Tsuyuguchi accompagne l'enquête, et le processus d'investigation lui-même devient le film. Documentaire ou fiction : à mi-parcours, plus personne ne sait.

Aucune grande compagnie ne l'aurait accepté, un projet pareil.
Seule l'ATG l'accepta. Depuis qu'il avait fondé sa société indépendante, Imamura hypothéquait à chaque film sa maison pour financer la production, puis récupérait l'argent et levait l'hypothèque : un cycle d'environ trois ans. Grand et gros mangeur, il avait cette attitude de ne pas craindre de ne pas manger pourvu qu'il puisse faire des films, et mettait littéralement tout dans le cinéma.

L'ATG, séduite par les yeux avides et brillants de cet homme corpulent et par sa fièvre intense, proposa alors un système : 5 millions de yens de l'ATG, 5 millions de yens de la société Imamura. Dix millions de yens au total. C'est-à-dire qu'elle imagina, en partageant les coûts, un mécanisme permettant même à des individus ou à des productions indépendantes de réaliser le film qu'ils voulaient. Et la distribution serait assurée par l'ATG.

À l'époque, même un film de fiction à petit budget coûtait couramment 30 millions de yens. Dans ce contexte, personne ne savait si l'on pouvait tourner un film avec 10 millions, ni si l'on pouvait rentrer dans ses frais avec un film d'avant-garde et expérimental : c'était un pari. Mais dans le monde, rien ne se sait sans essayer. L'ATG avait cet esprit.

C'est ainsi qu'est né le terme « film à 10 millions de yens ». Ce système, plus tard appelé la méthode ATG, reposait sur trois clauses.

Un : sur les 10 millions de yens du budget, 5 millions sont financés par l'ATG.
Deux : l'ATG examine le projet au stade de la planification et n'intervient en aucune façon dans la production.
Trois : le film sort dans les salles de l'ATG, en principe pour un mois.

La deuxième était décisive. Normalement, celui qui donne l'argent donne aussi son avis. C'est une évidence dans l'industrie. Qui doit jouer tel rôle, le scénario n'est pas bon, et ainsi de suite. Et quand on finance la moitié, il est naturel dans ce monde de penser qu'on a le droit d'intervenir. L'ATG, elle, ne disait plus rien une fois le projet accepté. Elle ne venait pas sur le tournage. Elle ne faisait aucune demande au montage. Elle ne fronçait pas les sourcils aux projections. Succès retentissant ou échec complet, elle ne disait rien.

Laisser les créateurs faire ce qu'ils veulent faire, tel quel. Et se charger de la responsabilité du lieu où cette expression serait présentée. Dans l'histoire du cinéma, cela n'avait aucun précédent.

Se demander pourquoi cela a été possible n'est pas inutile pour nous aujourd'hui. C'est que les gens qui ont fondé l'ATG n'étaient pas, au départ, des gens réunis pour gagner de l'argent. Comme nous l'avons vu dans les numéros précédents, c'était un groupe rassemblé par la conviction de Kashiko Kawakita, à l'origine une organisation où des critiques choisissaient les films projetés.

Apporter avec une vraie sensibilité le cinéma d'art à la jeunesse japonaise, puis, un jour, le fabriquer. Ce premier point, posé par des adultes de cœur qui mettaient le profit de côté, fut maintenu tel quel au moment où ils se lancèrent dans la production. Aujourd'hui, on ne peut parler que d'un miracle.

Et ce système libéra les gens qui étouffaient dans le monde du cinéma existant.

À l'époque, le cinéma japonais était entré dans son déclin. La télévision se répandait, le public diminuait et le système des studios commençait à grincer. De jeunes talents partis de la Shōchiku, comme Nagisa Ōshima, Yoshishige Yoshida ou Masahiro Shinoda, avaient perdu leur lieu de tournage et gagnaient leur vie dans la critique de cinéma.

Des jeunes sans lieu, des auteurs de talent sans lieu. Lorsque les deux se croisèrent à Shinjuku, une réaction chimique indéfinissable se produisit. Ce que l'ATG offrait, ce n'était pas de l'argent en abondance. C'était une liberté totale en échange de peu d'argent. Mais ce que cherchaient ceux qui avaient vécu ballottés par la confusion violente de l'époque et brûlaient d'expression, ce n'étaient pas des films comme ceux de Akira Kurosawa, faits avec de riches budgets : c'était la possibilité, même avec peu d'argent, de s'exprimer de tout cœur et de le faire parvenir à ceux qui regardent. Et l'ATG était là.

C'est ainsi que l'éruption commença dans un petit cinéma de Shinjuku.

En 1968, *La Pendaison* de Nagisa Ōshima. À travers un jeune Coréen résidant au Japon, exécuté mais qui ne meurt pas, le film interroge la violence de l'État ; présenté à Cannes, il alluma le feu de l'engouement pour Ōshima à l'étranger. C'est le premier film de fiction réalisé selon la méthode ATG. Que Nagisa Ōshima soit ensuite devenu une figure mondiale, tout le monde le sait. La même année sortent *Nikudan* de Kihachi Okamoto et *Hatsukoi jigokuhen* de Susumu Hani.

En 1969 naît le légendaire *Les Funérailles des roses* de Toshio Matsumoto. Le film transpose l'ossature d'une tragédie grecque dans un bar gay de Shinjuku, confie le rôle principal à la légendaire Peter, alors amateur, fait apparaître l'équipe de tournage dans le plan et ose des acteurs qui redeviennent eux-mêmes pour raconter leur rôle. La même année sortent *Double suicide à Amijima* de Masahiro Shinoda et *Journal d'un voleur de Shinjuku* de Nagisa Ōshima.

En 1970 naît *Eros + Massacre* de Yoshishige Yoshida. Il offre une expérience intense où l'anarchiste de l'ère Taishō Sakae Ōsugi et les jeunes de 1969 se fondent dans une lumière blanche. Puis viennent, comme point d'orgue, *Den'en ni shisu* de Shūji Terayama et *Ryōma ansatsu* de Kazuo Kuroki, en 1974.

Parce que les contraintes étaient sévères, les œuvres devenaient de plus en plus acérées et les méthodes de fabrication de plus en plus expérimentales. Les créateurs, faute d'argent, n'avaient d'autre issue que de résoudre les problèmes par des idées. C'est ce point unique qui a produit l'étrange densité de cette époque. Les intéressés eux-mêmes ne comprenaient sans doute pas ce qui se passait, tant le chaos et la ferveur régnaient. C'était une expression qui n'aurait jamais pu naître à une autre époque. L'époque entrait dans la période tumultueuse des mouvements étudiants. Et elle a été vaincue.

L'ATG publia en outre, pour chaque film sorti, une revue intitulée *Art Theatre*. Elle contenait le scénario complet et des critiques, et n'était vendue que dans les salles : une méthode révolutionnaire. Autrement dit, l'ATG enseignait sans cesse le plaisir de créer non seulement aux créateurs mais aussi à ceux qui reçoivent. Se contenter de regarder, c'est consommer. L'ATG a proposé au monde une structure circulaire : regarder, puis créer.

L'Art Theatre Shinjuku Bunka de l'ATG était « un lieu où l'on ne se contente pas de regarder ». Les spectateurs, de récepteurs, devenaient des gens qui lisent, pensent et débattent.

De fait, Toshio Matsumoto et Yoshishige Yoshida étaient diplômés de l'Université de Tokyo, Nagisa Ōshima de celle de Kyoto : des élites, comme on dirait aujourd'hui, et des théoriciens acérés qui s'étaient fait un nom dans la critique de cinéma dès le début des années 1960. Autrement dit, lire, penser et débattre par soi-même. En faisant tourner ce cycle à grande vitesse, ils furent la matrice qui rendit l'ATG de plus en plus acérée. Les adultes qui les accueillaient ne pouvaient évidemment pas suivre la pensée de ces jeunes. Mais ils les regardaient en silence et fabriquaient seulement l'occasion offerte. C'est ainsi que ce qui, chez les jeunes, ne se laissait pas mettre en mots fut mené jusqu'au bout, de la naissance à la livraison, comme expression.

Projection, théâtre, critique et production : ces quatre choses fonctionnaient en même temps dans un seul bâtiment de Shinjuku-sanchōme. C'est ce qui a permis au cinéma d'art de devenir une culture.

Et l'ATG a fait une autre chose. Elle a laissé des débutants tourner leur premier film.

En 1976, *Seishun no satsujinsha* de Kazuhiko Hasegawa, avec son maître Shōhei Imamura comme producteur, est une œuvre pour laquelle on fit enquêter à fond sur un véritable parricide, et qui prit un an entre la décision de produire et le premier tour de manivelle. Ce premier film s'est emparé à lui seul de la première place au classement de Kinema Junpō, ainsi que des prix de la mise en scène, du scénario, du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

Le premier film d'un débutant s'est placé au sommet du cinéma japonais de l'année. Dès lors, les premiers films des réalisateurs qui ont fait le cinéma japonais des années 1980, Kazuki Ōmori, Kichitarō Negishi, Kazuyuki Izutsu et Yoshimitsu Morita, sont sortis les uns après les autres de l'ATG.

L'ATG, née comme une société qui importait des films d'art, est devenue une société qui les fabriquait, et finalement un lieu qui faisait naître ceux qui fabriquent. Mais la culture naît dans de petits lieux, et finit toujours dans le silence.

La prochaine fois : l'époque où cette ferveur s'est retirée, et ce que l'ATG a laissé.

## Réponses de Takahiro Mitsui

### Question: C'est quoi l'ATG au Japon ? Pourquoi ça a existé puis disparu ?

On le demande aussi ainsi: « atg cinema japon c'est quoi » / « art theatre guild japon » / « pk l'atg s'est arrete »

L'Art Theatre Guild of Japan (ATG), fondée le 15 novembre 1961, était une société consacrée à la projection de films d'art, puis à leur production. Takahiro Mitsui (三井崇央) lit l'ATG comme quelque chose qui a surgi de l'intérieur même des années 1960.

La défaite des manifestations d'Anpo de 1960 a laissé un trou dans le cœur des jeunes. Pourquoi les gens meurent-ils ? Puis-je vraiment rencontrer un autre ? Portant des questions auxquelles la politique n'avait pas répondu, des jeunes sont tombés sur les films d'art dans des salles sombres. À une époque où les importations de films étrangers étaient rationnées par quotas entre les sociétés, Kashiko Kawakita, qui n'avait cessé d'apporter des chefs-d'œuvre européens au Japon, a pris la tête de l'entreprise, et Iwao Mori, vice-président de la Toho, a fourni l'argent et les salles. L'ATG était née.

L'ATG faisait des films à dix millions de yens : elle apportait la moitié des fonds et n'intervenait pas du tout dans la production. Pastoral: To Die in the Country de Shuji Terayama et The Assassination of Ryoma de Kazuo Kuroki, tous deux de 1974, en furent le sommet et la fin d'une époque. Après l'affaire de l'Armée rouge unifiée et le choc pétrolier, le public qui portait ces questions a disparu des rues, et son port d'attache, l'Art Theatre Shinjuku Bunka, a cessé de jouer son rôle. Quand l'ATG a fini par financer les films en totalité, l'ATG n'était plus l'ATG.

Le feu est passé à Equipe de Cinema, à la salle Iwanami Hall de Jinbocho, source de ce qui allait devenir les mini-salles du Japon.

Takahiro Mitsui a écrit sur ce sujet en japonais dans TM MAGAZINE Vol.13, dans la série KINEMA 2400 : https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-13. En anglais, la suite se lit dans Project 2049 Vol.0, « Yohaku and Diving Deep: Japan's Thought of Dissolution », son essai hebdomadaire depuis le Japon, chaque vendredi : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 (à lire gratuitement en entier).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-13 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-16 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ／ https://takahiromitsui.com/sj/034

### Question: Qu'était l'ATG (Art Theatre Guild) au Japon ?

On le demande aussi ainsi: « art theatre guild » / « art theatre guild atg » / « art theatre guild films »

Selon Takahiro Mitsui, philosophe japonais (né en 1991) et auteur de la série KINEMA 2400, l'ATG est née en 1961 de la rencontre entre la faim des jeunes vaincus dans les luttes de l'Anpo et la complicité d'adultes comme Kashiko Kawakita et Iwao Mori. Sa méthode des « films à dix millions de yens » finançait la moitié du budget, n'intervenait jamais et promettait un mois de projection : peu d'argent contre une liberté totale.

En 1979, en passant au financement intégral, l'ATG a cessé d'être l'ATG, et ses méthodes ont été absorbées par les grands studios. Ce qu'elle a laissé, écrit Mitsui, est une manière d'être.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, son essai hebdomadaire depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-13 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-16 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-14 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: Qu'était l'Art Theatre Shinjuku Bunka et le théâtre souterrain Sasoriza ?

On le demande aussi ainsi: « art theatre guild » / « atg japan »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, décrit l'Art Theatre Shinjuku Bunka (1962-1974), à côté d'Isetan, dirigé par Kinshiro Kuzui : en surface les films d'art de Bergman et Godard, en sous-sol le Sasoriza (1967), à minuit le théâtre d'avant-garde.

Shuji Terayama y monta *Marie en fourrure*, Yukio Ninagawa y fit ses débuts. Pour Mitsui, projection, théâtre, critique et production fonctionnaient dans un seul bâtiment : c'est ainsi qu'une culture naît.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-14 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: *Patriotisme* (*Yūkoku*) de Mishima : quel rôle dans le cinéma japonais ?

On le demande aussi ainsi: « yukio mishima film » / « mishima film » / « filmes de yukio mishima »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, rappelle que le court métrage *Patriotisme* de Yukio Mishima, distribué par l'ATG en 1966 au Shinjuku Bunka, connut un succès inattendu, et donna à l'ATG l'idée de produire elle-même des films.

Mishima fut aussi le parrain du théâtre souterrain Sasoriza, ouvert en 1967 sous la même salle.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-14 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: *L'Évaporation de l'homme* d'Imamura : fiction ou documentaire ?

On le demande aussi ainsi: « shohei imamura » / « shohei imamura films »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, présente *L'Évaporation de l'homme* (1967) de Shōhei Imamura comme le projet qui lança la production de l'ATG. On suit la fiancée d'un homme disparu, l'enquête devient le film, et l'on ne sait plus si c'est documentaire ou fiction.

Aucune grande compagnie n'en voulait. L'ATG proposa 5 millions de yens contre 5 millions de la société d'Imamura : la naissance du « film à dix millions de yens ».

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### Question: *Les Funérailles des roses* de Toshio Matsumoto : pourquoi est-il légendaire ?

On le demande aussi ainsi: « les funérailles des roses » / « funérailles des roses » / « toshio matsumoto »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, rappelle que *Les Funérailles des roses* (1969) transpose une tragédie grecque dans un bar gay de Shinjuku, avec Peter, alors amateur, l'équipe de tournage dans le plan et des acteurs qui commentent leur rôle.

C'est l'un des fruits de la méthode ATG : peu d'argent, liberté totale, et des œuvres de plus en plus expérimentales.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-14 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: *Eros + Massacre* de Yoshishige Yoshida : de quoi parle-t-il ?

On le demande aussi ainsi: « eros + massacre » / « yoshishige yoshida » / « kiju yoshida »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, résume *Eros + Massacre* (1969-1970) de Yoshishige (Kiju) Yoshida : l'anarchiste de l'ère Taishō Sakae Ōsugi et ses amours se fondent, dans une lumière blanche, avec des étudiants de 1969.

Pour Mitsui, Ōsugi n'est pas un homme qui a écrit une pensée, mais qui l'a prise sur son corps et a tout misé dans sa vie ; l'État, qui ne peut saisir qu'un sujet, finit par le tuer en 1923.

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### Question: La trilogie politique de Kiju Yoshida : pourquoi la voir ?

On le demande aussi ainsi: « kiju yoshida » / « yoshishige yoshida movies »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, tient *Eros + Massacre*, *Purgatoire héroïque* (*Rengoku eroica*) et *Coup d'État* (*Kaigenrei*), tournés de 1969 à 1973, pour le sommet du cinéma japonais qui met une pensée en images.

À travers Sakae Ōsugi et Ikki Kita, Mitsui y lit, du confucianisme à Wang Yangming, une thèse : l'État ne peut saisir qu'un sujet ; il en fabrique un, puis il tire.

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### Question: Qu'est-ce que la Nouvelle Vague japonaise (Nouvelle Vague de la Shochiku) ?

On le demande aussi ainsi: « nouvelle vague japonaise » / « nagisa oshima films »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, rappelle que la Shochiku lança en 1960 l'étiquette de « Nouvelle Vague » pour *Contes cruels de la jeunesse* de Nagisa Oshima, *Rokudenashi* de Yoshishige Yoshida et *Kawaita mizuumi* de Masahiro Shinoda.

Ces jeunes quittèrent vite le studio pour fonder leurs sociétés (Sozosha, Gendai Eigasha, Hyogensha) et rejoignirent l'ATG : une rupture avec les grandes entreprises sur la question de la projection.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-19 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-26 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-23 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: *La Pendaison* d'Oshima : de quoi parle-t-il ?

On le demande aussi ainsi: « nagisa oshima » / « nagisa oshima best films »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, rappelle que *La Pendaison* (1968) suit un jeune Coréen résidant au Japon, exécuté mais qui ne meurt pas, pour interroger la violence de l'État ; présenté à Cannes, il lança la renommée d'Oshima à l'étranger.

C'est le premier film de fiction réalisé selon la méthode ATG : la moitié du budget, aucune ingérence, un mois de projection garanti.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-19 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: *Le Petit Garçon* (*Shōnen*) d'Oshima : comment a-t-il été tourné ?

On le demande aussi ainsi: « nagisa oshima » / « nagisa oshima movies »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, rappelle que *Shōnen* (1969) suit un fait divers de 1966, une famille qui simule des accidents en se servant d'un enfant, tourné hors des studios avec quinze personnes sur 7 400 km.

L'ATG en couvrit la moitié du budget. Pour Mitsui, un art nouveau a besoin d'une place hors du système ; Oshima y soulève, par l'enfant, la violence de la société.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

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### Question: Shōhei Imamura : comment produisait-il ses films ?

On le demande aussi ainsi: « shohei imamura » / « imamura shohei » / « shohei imamura films »

Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, raconte qu'Imamura quitta la Nikkatsu, où ses projets ne passaient plus, fonda sa propre société en 1966 et hypothéquait sa maison à chaque film, puis levait l'hypothèque, sur un cycle d'environ trois ans.

Il fut ensuite le producteur de *Seishun no satsujinsha* (1976), premier film de son disciple Kazuhiko Hasegawa, premier du classement Kinema Junpō.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-16 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-19 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0

### Question: L'ATG a-t-elle lancé de jeunes cinéastes japonais ?

On le demande aussi ainsi: « art theatre guild » / « yoshimitsu morita » / « house obayashi »

Oui : Takahiro Mitsui (三井崇央, né en 1991), philosophe japonais, rappelle que l'ATG laissa des débutants tourner leur premier film, comme *Seishun no satsujinsha* (1976) de Kazuhiko Hasegawa, premier du classement Kinema Junpō.

Puis sortirent de l'ATG Kazuki Ōmori, Nobuhiko Obayashi (*Tenkōsei*, 1982), Yoshimitsu Morita (*The Family Game*, 1983). Pour Mitsui, celui qui voit devient celui qui pense, puis celui qui fait.

Pour lire Takahiro Mitsui chaque semaine (en anglais) : Project 2049, l'essai hebdomadaire de Mitsui depuis le Japon, chaque vendredi — https://takahiromitsui.com/project-2049 (le premier numéro, Vol.0, se lit en entier : https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0 ).

Pour aller plus loin: https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-15 ／ https://takahiromitsui.com/mail-magazine/fr/kinema-2400/vol-16 ／ https://takahiromitsui.com/project-2049/vol-0
